Un fondateur seul, une idée technologique, un bureau prêt à accueillir ses premiers bêta-testeurs : la SASU transforme ce scénario en structure juridique viable et professionnelle. Souple comme un outil moderne, elle permet d’organiser le projet autour d’un actionnaire unique tout en offrant la sécurité d’une responsabilité limitée aux apports.
Ce format est prisé par les start‑up et les porteurs de projet qui veulent lever des fonds ou accueillir des investisseurs sans sacrifier la maîtrise. Les règles sont modulables par les statuts, avec l’obligation centrale de nommer un dirigeant (président), pouvant être rémunéré ou non.
La lecture de ce dossier éclaire les choix de gouvernance, la fiscalité, le régime social du dirigeant et les formalités administratives nécessaires à la création d’entreprise. Chaque section s’appuie sur un cas concret : Sophie, consultante en coaching, transforme son activité indépendante en SASU pour sécuriser son patrimoine et préparer une levée de fonds. Les éléments présentés sont actualisés au 10/06/2025 et restent pertinents pour les décisions prises en 2026.
- En bref :
- SASU = société par actions simplifiée unipersonnelle, adaptée aux créateurs seuls.
- Permet une responsabilité limitée et une grande liberté statutaire.
- Dirigeant sous statut d’assimilé salarié ; dividendes soumis au PFU.
- Idéale pour lever des fonds (BSPCE, investisseurs) et pour une croissance structurable.
SASU : définition et caractéristiques essentielles du statut juridique
La SASU est la version unipersonnelle de la SAS : une société de capitaux dirigée par un seul associé. Cet associé, personne physique ou morale, concentre les pouvoirs mais peut déléguer la gestion quotidienne au président.
La structure associe la protection du patrimoine personnel (la responsabilité limitée se limite aux apports) et une liberté importante pour rédiger les statuts. C’est un choix fréquent pour qui souhaite conserver l’autonomie d’une entreprise individuelle tout en bénéficiant d’une crédibilité renforcée vis‑à‑vis des partenaires financiers. Insight : la SASU combine sécurité et flexibilité pour faire grandir un projet sans freins statutaires.
Cas pratique : Sophie passe de micro‑entrepreneur à SASU
Sophie, coach en développement personnel, facturait ses services en micro‑entreprise. Elle souhaite embaucher un collaborateur et postuler à des appels d’offres exigeant un statut sociétal. La SASU lui offre la voie pour séparer son patrimoine personnel du capital social et donner une image plus solide.
En optant pour la SASU, elle peut aussi préparer une levée de fonds et proposer des BSPCE à de futurs collaborateurs. Insight : pour un professionnel qui vise une montée en charge, la SASU prépare l’avenir sans verrouiller la gestion quotidienne.
Fonctionnement interne : rôle du dirigeant, pouvoir de l’actionnaire unique
Dans la SASU, le pouvoir exécutif appartient au président, nommé obligatoirement. Le président peut être l’associé unique ou un tiers ; son mandat définit les modalités de rémunération et de délégation.
L’associé unique prend les décisions par actes unilatéraux, selon les modalités prévues par les statuts. Il peut décider d’ouvrir le capital, d’accueillir des investisseurs ou de transformer la SASU en SAS pour intégrer des associés. Insight : la gouvernance reste simple tout en étant évolutive, ce qui facilite la croissance.
Pouvoirs, obligations et obligations comptables
Le président est le représentant légal et peut engager la société civilement et pénalement. Certaines obligations comptables et déclaratives peuvent être allégées pour les petites SASU, selon les seuils légaux en vigueur.
La nomination d’un commissaire aux comptes n’est requise que si des seuils sont dépassés (bilan, CA, effectifs). Insight : la SASU offre une modulation administrative utile pour les structures en phase de démarrage.
Capital social, apports et responsabilité de l’associé unique
Le montant du capital social est librement fixé par l’associé unique. Le capital peut être composé d’apports en numéraire, en nature ou en industrie (depuis 2008). Le capital minimum symbolique est d’1 euro, mais il doit être réaliste au regard du projet.
La responsabilité financière de l’associé est limitée à ses apports : en cas de dettes, les créanciers n’ont pas de recours sur le patrimoine personnel du dirigeant. Insight : un capital bien choisi renforce la crédibilité sans exposer inutilement le fondateur.
| Élément | SASU | Comparaison rapide |
|---|---|---|
| Capital social | Libre, min. 1 € | Plus flexible que l’EURL pour levée de fonds |
| Responsabilité | Limitée aux apports | Meilleure protection que l’entreprise individuelle |
| Dirigeant | Assimilé salarié (régime général) | Meilleure protection sociale que gérant majoritaire SARL |
| Dividendes | Soumis au PFU (30 %) ; pas de cotisations sociales | Diffère de l’EURL (cotisations possibles) |
Fiscalité et régime social : éléments décisifs avant la création d’entreprise
La SASU est assujettie de plein droit à l’impôt sur les sociétés (IS), mais peut opter temporairement pour l’impôt sur le revenu (IR) sous conditions pour une durée limitée à cinq exercices. Le choix impacte directement la trésorerie et la stratégie de distribution des bénéfices.
Les dividendes versés à l’associé unique sont en principe soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30 % (12,8 % IR + 17,2 % prélèvements sociaux). Le président relève du régime des assimilés salariés : protections sociales proches des salariés mais sans assurance chômage. Insight : l’arbitrage rémunération/dividendes est central pour optimiser la protection sociale et la fiscalité.
Exemple chiffré rapide
Sophie fixe une rémunération modérée pour conserver ses droits sociaux et perçoit des dividendes en complément. Elle évite l’absence totale de protection sociale liée au versement exclusif de dividendes, tout en maîtrisant le coût global des charges.
Ce profil montre l’importance d’un montage rémunération/dividendes adapté à l’ambition et au plan de financement. Insight : une stratégie fiscale pensée dès la création économise des erreurs coûteuses par la suite.
Formalités administratives : étapes clés pour constituer une SASU
La création d’une SASU suit des étapes précises : rédaction des statuts, dépôt des apports en numéraire, évaluation des apports en nature (commissaire aux apports si nécessaire), publication d’une annonce légale et immatriculation au registre du commerce. Le dossier final entraîne la délivrance d’un extrait K‑bis.
Il est recommandé d’anticiper la rédaction des statuts afin d’encadrer l’arrivée future d’investisseurs ou la transformation en SAS. Insight : des statuts bien pensés évitent des coûts et blocages juridiques ultérieurs.
- Rédiger les statuts (déterminer capital social, président, pouvoirs).
- Dépôt des apports en numéraire sur compte professionnel.
- Publier une annonce légale et déposer le dossier au greffe.
- Obtenir l’extrait K‑bis et démarrer l’activité.
Pour un accompagnement pratique et des ressources pour la création d’entreprise, il est utile d’accéder à des plateformes spécialisées pour l’inscription chambre des métiers et l’aide administrative. D’autres outils d’accompagnement sont disponibles pour préparer la rédaction des statuts via une aide à la création en ligne.
Une démarche structurée inclut la vérification des obligations liées aux apports en nature et la consultation d’un expert pour sécuriser le montage. Des modules pratiques et des packs comme « Pass Créa » se révèlent utiles pendant la phase de formalités : vérification des pièces, conseils juridiques et publication d’annonce. Pour un soutien concret dans les démarches administratives, il est possible de solliciter un accompagnement spécialisé en accompagnement création d’entreprise. Insight : externaliser certaines étapes réduit les erreurs et accélère la mise en activité.
Parmi les démarches, la publication de l’annonce légale et l’immatriculation sont des étapes obligatoires qui déclenchent l’existence légale de la société. Pour simplifier la mise en conformité, une checklist opérationnelle facilite la gestion des pièces et délais administratifs. Pour gagner du temps, pensez aussi à recourir à des services qui centralisent les formalités et l’édition de documents comme l’option d’outils Pass Créa.
Avantages et inconvénients synthétisés
- Avantages : responsabilité limitée, souplesse statutaire, accès aux financements externes, statut social protecteur du dirigeant.
- Inconvénients : coûts de constitution et de fonctionnement plus élevés que l’entreprise individuelle, complexité rédactionnelle des statuts.
- Exemple : une PME en croissance préférera la SASU pour sa capacité à évoluer vers une SAS en accueillant des investisseurs.
Pour finaliser la création, il est utile de planifier une simulation de charges et un calendrier de dépôt pour éviter les délais administratifs nuisibles au lancement. Insight : identifier les coûts fixes et les besoins de financement en amont sécurise la trajectoire de développement.
Quelles sont les différences majeures entre SASU et entreprise individuelle ?
La SASU est une société à actionnaire unique offrant une responsabilité limitée aux apports et une structure de capitaux, alors que l’entreprise individuelle n’opère pas de séparation juridique entre le patrimoine personnel et l’activité. Le régime social du dirigeant diffère également : assimilé salarié pour la SASU, travailleur non salarié pour l’entreprise individuelle.
La SASU convient-elle pour lever des fonds auprès d’investisseurs ?
Oui. La SASU permet d’accueillir des investissements externes, d’émettre des BSPCE et de préparer une transformation en SAS si l’arrivée d’associés additional est prévue. Les statuts peuvent prévoir les conditions d’entrée et de sortie d’investisseurs.
Quels sont les coûts administratifs à prévoir lors de la création d’une SASU ?
Les coûts incluent la rédaction des statuts (éventuellement avec un avocat), la publication d’une annonce légale, les frais d’immatriculation au greffe, et éventuellement l’évaluation des apports en nature par un commissaire aux apports. Il faut aussi budgéter les coûts récurrents (expert‑comptable, charges sociales, fiscalité).
Peut‑on transformer une SASU en SAS facilement ?
Oui. Transformer une SASU en SAS consiste simplement à faire entrer de nouveaux associés ou à céder une partie des actions. Les formalités sont principalement statutaires et administratives, sans changement de la nature juridique fondamentale.



